Invitée à donner une conférence sur l’excès de morale dans l’art, la philosophe Carole Talon-Hugon a été, sur signalement d’un collègue universitaire, la cible d’un appel au boycott pour une note de bas de page prétendument homophobe.
Été 2018. Le festival d’Avignon se termine. Carole Talon-Hugon en ressort accablée par le moralisme pesant dans lequel baigne la programmation. Elle décide d’en faire un livre. L’Art sous contrôle (PUF) est vite écrit. Philosophe spécialiste d’esthétique, professeur à l’université Nice Sophia Antipolis, elle relève depuis des années les manifestations de plus en plus vives d’une censure à multiple détente. L’art pour l’art est mort. Il doit édifier, et non choquer, ce qui n’est pas simple, car il n’y a plus de pudibonderie, seulement des sensibilités. L’homme et l’artiste ne font plus qu’un, l’artiste et son œuvre se confondent. Un geste déplacé de Woody Allen rend impossible une rétrospective de ses films. Théâtre, peinture et littérature doivent s’engager. Les
