Il y a un an, ivre à la gare de Lille, Nagui choisit de prendre un train pour Paris plutôt que le métro pour rentrer chez lui. Il raconte ses tribulations sur Instagram, est repéré par une éditrice et voici publié son premier roman, le récit drôle et désespéré des errances d’un certain N. dans la capitale: Une trajectoire exemplaire.
Dès qu’on s’interroge un peu sur le hasard des rencontres, on est pris de vertige. J’ai découvert Nagui Zinet sur Instagram. Je veux dire que c’est sur Instagram que j’ai découvert ses écrits. Ce n’est pas courant, loin de là. Sur ce compte, Nagui Zinet est Nestor Maigret. Il nous parle des livres qu’il lit, des bouteilles qu’il boit, des clochards qu’il croise, des cachets qu’il gobe et des misères qui jamais ne cessent. Ses auteurs favoris sont des Américains qui tapaient de leurs doigts brunis sur des machines à écrire détraquées par leurs histoires glauques. On pense à Bukowski, à John Fante ; il cite David Goodis ou Jim Thompson. Son premier post date de l’hiver 2021. Depuis, il a dépassé les 400. Des lecteurs-followers fidèles se multiplient : je les comprends (étant devenu moi-même l’un d’eux).
Six mois après avoir découvert l’auteur, je retrouve Nagui Zinet face au château de Vincennes. Son premier roman Une trajectoire exemplaire va sortir dans quelques jours. L’homme est plus grand que je ne l’imaginais. Il a un livre
