Les sanctions américaines contre la Turquie ont touché un corps déjà malade. Si la monnaie locale est si affaiblie, c’est avant tout en raison d’un déficit extérieur abyssal que seule une diète sévère pourra enrayer. Pour tirer son épingle du jeu de la mondialisation, le président Erdogan devra tarir certaines importations tout en relançant les exportations.
En bon musulman, le président turc Recep Tayyip Erdogan en appelle à Allah pour sauver la Turquie de la crise économique et financière. Est-ce une façon pour lui d’éluder sa propre responsabilité dans le processus qui a conduit à celle-ci ? Sans doute. Mais la situation turque procède de longue date. Elle représente bien la configuration ordinaire de ces pays émergents qui ont du mal à exploiter les fameuses opportunités de la mondialisation. Et qui gâchent le potentiel qui leur permettrait d’accéder à la modernité.
Un développement déséquilibré
Il faut partir de 2001. La Turquie sombre alors dans la faillite. Elle doit, pour sortir de l’ornière, recourir au FMI qui lui accorde une aide de 14 milliards de dollars[tooltips content= »Chiffe modeste
