Richard Millet nous reparle notamment du monde paysan français tombant dans l’oubli avec son nouveau et très sombre livre…
Richard Millet redonne vie à son double littéraire Pascal Bugeaud, né de père inconnu et non désiré par sa mère. Nous avions appris à le connaître dans le roman sombre et sublime, Ma vie parmi les ombres (Folio 4225) dont il convient, ici, de rappeler l’incipit : « Après moi la langue ne sera plus tout à fait la même. Elle entrera dans une nuit remuante. Elle se confondra avec le bruit d’une terre désormais sans légendes. Les langues s’oublient plus vite que les morts. » Nous étions en 2003, et découvrions le style puissant, avec sa phrase ductile, son mot efficace, comme le clou planté dans le cercueil, de l’écrivain Richard Millet. Le temps d’une nuit noire propice à l’angoisse, comme il en existe si souvent, l’hiver en particulier, sur les hautes terres limousines, Bugeaud, pour sa jeune amante, évoquait le passé de la terre de ses ancêtres, des lieux et un monde disparu, ajoutant, précision poignante : « puisqu’ils n’existent que dans la mesure où on parle d’eux ».
Un monde
