Les romans américains de la rentrée sont souvent des produits calibrés lancés comme des nouvelles lessives. « Les Fantômes du vieux pays », pour une fois, échappe à la règle.
Le grand roman américain de cette saison, en France, sera donc Les Fantômes du vieux pays, de Nathan Hill. Il en faut un, en général, par rentrée littéraire. Si possible écrit par un primo-romancier dont les droits ont déjà été achetés une fortune sur manuscrit et qu’une habile politique commerciale réussit à faire passer pour le nouveau Norman Mailer, le successeur de Don DeLillo, l’héritier de John Irving, le fils spirituel de William Styron. Il arrive que ça marche, comme en 2002, lorsque le public français découvrit Les Corrections, de Jonathan Franzen. Mais ce type d’opération peut aussi échouer lamentablement comme cela fut le cas en 2016 pour City on Fire, de Garth Risk Hallberg, qu’une presse moutonnière avait présenté comme le livre « incontournable »[tooltips content=’À quand une proposition de loi pour mettre à l’amende le critique qui emploie « incontournable » ?’]1[/tooltips] et qui s’est révélé un pavé indigeste.
Tous ses personnages donnent l’impression qu’il leur suffirait de presque rien pour devenir des tueurs de masse psychotiques
Avec les 700 pages serrées des Fantômes du vieux pays, on a plutôt affaire à une excellente cuvée. Sans doute parce que Nathan Hill a compris une chose simple : un grand roman ne surgit pas de nulle part. Un écrivain, aussi doué soit-il, ce qui est visiblement
