Pourquoi faut-il le lire et surtout le primer avant qu’il ne s’exile dans une tour vitrée de Javel?
Dans sa génération, il fait figure d’exception. Cet écrivain à la cinquantaine bourgeonnante ne répond pas aux critères habituels de l’auteur moderne. Il ne veut ni sauver la planète, ni nous alerter sur les dangers d’une mondialisation gloutonne. Il ne marche pas sur les routes de France afin de se reconnecter à la nature. Il ne professe rien. Il ne philosophe pas. Il n’aspire à rien si ce n’est à acquérir une Jaguar XJS. Il observe seulement le marasme ambiant et se marre intérieurement. Il ne tient aucune tribune dans un média progressiste, ce qui explique en partie son absence de prix (pour l’instant) mais nous y reviendrons plus tard. Tentons d’abord de le croquer, de s’en approcher, bien qu’il soit méfiant et atrocement pudique. Physiquement, ce Bryan Ferry du stade Geoffroy-Guichard a le cheveu propre et la Chelsea boot cirée.
