Accueil Édition Abonné Marion Maréchal: « Le combat pour la France pourrait être perdu à cause de la démographie »

Marion Maréchal: « Le combat pour la France pourrait être perdu à cause de la démographie »

Entretien en Une de Causeur de juin (2/2).


Marion Maréchal: « Le combat pour la France pourrait être perdu à cause de la démographie »
Marion Maréchal Photo : Hannah Assouline

Après la débâcle des Républicains aux européennes et la victoire en demi-teinte du RN, Marion Maréchal livre un diagnostic implacable. Seconde partie de l’entretien (2/2).


Causeur.  Revenons en France. Comme le montre Jérôme Fourquet, plusieurs France cohabitent sans se mélanger : les banlieues, la France périphérique, la France catholique, la France des centres-villes… N’est-il pas utopique de croire que la nation peut encore les rassembler ?

Marion Maréchal. Nous sommes confrontés à un défi politique inédit auquel personne n’a de réponse parfaite. Fourquet distingue trois ensembles : la France immigrée communautarisée, la France des métropoles, la France des gilets jaunes. Il montre que la massification des élites change la donne : jusqu’alors, les élites représentaient une toute petite partie de la population, donc leur mode de vie, comme le service militaire, les contraignait au quotidien au brassage. Aujourd’hui, il existe des territoires entiers où, sur dix, vingt, trente, quarante kilomètres, on ne peut fréquenter que des cadres supérieurs comme soi. Cela crée des usages, des cultures, des aspirations parallèles qui ne se rejoignent plus. Ce phénomène inédit est très profond, mais je continue de penser que la nation, la culture, l’histoire et une stratégie de puissance dans la compétition mondiale peuvent être encore des réponses à ces fameux antagonismes sociaux et territoriaux.

Pour Ernest Renan, le riche legs de souvenirs est la garantie de la « volonté de vivre ensemble ». Dans notre société multiculturelle où les tensions mémorielles postcoloniales s’accroissent et où les Français partagent de moins en moins le présent et l’avenir, partagent-ils encore un passé ?

Je suis très inquiète, parce que je crois fondamentalement à l’assimilation, mais la machine à assimiler est enrayée : pour s’assimiler, encore faut-il y être incité et pouvoir s’assimiler à quelqu’un ou à quelque chose. Or, il existe des territoires où ne vivent que des personnes d’origine étrangère, qu’elles aient ou non la nationalité française. Et quand bien même vous seriez confronté au peuple français historique ou autochtone, encore faudrait-il qu’il vous dise : « J’affirme être quelqu’un et j’ai quelque chose à donner. » Or, la combinaison du nombre – on assimile des individus, pas des peuples entiers –, de l’amnésie historique, de la repentance et du refus de la puissance rend l’assimilation impossible. On ne pourra peut-être pas y remédier intégralement, mais on pourrait s’atteler à restaurer cette fierté française et fixer des règles d’adhésion à la société beaucoup plus strictes. La condition préalable est évidemment de stopper au maximum le nombre de nouvelles arrivées puisqu’on a déjà du mal à assimiler ceux qui sont déjà en place.

La démocratie, c’est la démographie… 

L’évolution


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Juin 2019 - Causeur #69

Article extrait du Magazine Causeur




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est journaliste.

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