Les actrices Ariane Ascaride, Corinne Masiero ou Marion Cotillard, l’acteur Mathieu Kassovitz, le dernier lauréat du prix Goncourt Jean-Baptiste Andrea… Avec plus ou moins d’élégance, tous expriment le profond dégoût que leur inspire le vote RN. De leur côté, les Soulèvements de la Terre, un temps menacés de dissolution, envisagent des «blocages ciblés» après le second tour des élections législatives.
Sur BFMTV, la comédienne Ariane Ascaride a confié être très inquiète. Elle pense que, si le RN gagne les élections législatives, « une certaine parole va se libérer » et que nous assisterons à un « effacement de la culture ». Or « moi, dit-elle avec la modestie qui caractérise les artistes de gauche, je fais un métier, c’est la culture »[1]. Si le RN parvient au pouvoir, les subventions publiques seront drastiquement rationnées et le régime particulier des intermittents du spectacle – dont le déficit chronique est évalué à plus d’un milliard d’euros par an par la Cour des comptes, faut-il rappeler – sera supprimé, se lamente-t-elle. Si seulement. Mais rassurons tout de suite Mme Ascaride : Marine Le Pen, tout à son désir de ne pas brusquer le petit monde de la Culture, affirme régulièrement ne pas vouloir toucher au système avantageux élaboré de longue date par la culturocratie étatique. Premier ministre, Jordan Bardella ne cherchera vraisemblablement aucun pou dans la tête des bénéficiaires de cette petite mafia cultureuse bien établie. Celle-ci pourra donc continuer de pondre des œuvres, pour la plupart ennuyeuses ou abrutissantes, en tendant sa grosse sébile devant le généreux ministère de la rue de Valois.
A lire aussi, Ivan Rioufol: Ces liens qui rapprochent Macron du Front de la honte
Corinne Masiero et les bâtards
En 2021, lors de la cérémonie des César, la toujours gracieuse Corinne Masiero était apparue dans le plus simple appareil avec des tampons hygiéniques usagés en guise de boucles d’oreille pour soutenir les intermittents du spectacle. Sur le plateau de Mediapart, la Capitaine Marleau de la télévision publique (donc rémunérée par tous les Français) vient d’appeler à voter pour
