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L’overdose impressionniste

« Paris 1874 : inventer l’impressionnisme », au musée d’Orsay jusqu'en juillet


L’overdose impressionniste
Vue du petit port de Lorient, Berthe Morisot. © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay)/Hervé Lewandowski

Le musée d’Orsay célèbre les cent cinquante ans de l’impressionnisme. Pour l’occasion, toutes les stars des cimaises sont réunies, Monet, Degas, Renoir, Morisot, Pissarro… et une partie du Salon de 1874 est reconstituée pour montrer l’ennui de la peinture académique. Une vision binaire de la création à la Belle Époque.


Hormis ceux qui reviennent de Mars, nul n’ignore que nous célébrons cette année les cent cinquante ans des impressionnistes. Leurs tableaux sont partout, dans la presse, sur les mugs et, bien entendu, dans les musées. Orsay leur consacre une exposition « anniversaire » qui plaira légitimement aux amateurs. Cependant, le trop est parfois l’ennemi du bien. L’impressionnisme est devenu l’inévitable vache à lait des musées, ainsi qu’un prétexte au rabâchage du grand récit de la modernité et à l’occultation de la merveilleuse diversité artistique de la Belle Époque.

Oui‑Oui au pays des impressionnistes

Le dispositif du musée d’Orsay se prétend une « confrontation inédite ». Pourtant, peu de choses ont changé depuis le centenaire, il y a cinquante ans. L’impressionnisme semble être une recette que l’on ressert indéfiniment. J’ai ainsi été frappé de retrouver la même affiche. Ensuite, sur place, même principe : un choix de peintures impressionnistes et leurs commentaires dithyrambiques avec, un peu plus loin, les affreux, ou supposés tels, du Salon officiel.

Deux apports, toutefois. D’abord, la célébration s’étend à trente-quatre institutions en province. Ensuite, il est proposé un voyage immersif en réalité virtuelle « au pays des impressionnistes » (45 min). C’est une merveille technologique à ne pas rater. En ce qui concerne le scénario, les gentils impressionnistes se présentent comme une sorte de Club des cinq, tous unis contre les méchants académistes. Un narrateur à la Oui‑Oui nous vante la vie, la couleur et le plein air.

Le Bal du Moulin de la Galette, Auguste Renoir, 1876. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)/Hervé Lewandowski

Ces artistes constitueraient, en outre, le « clan des révoltés ». Un exemple mis en avant est celui de La Gare Saint-Lazare de Monet (1877). On y voit une locomotive arrivant à quai en vapotant aimablement de petits


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Mai2024 – Causeur #123

Article extrait du Magazine Causeur




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est écrivain. Dernier ouvrage paru : Précipitation en milieu acide (L'éditeur, 2013).

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