Sur le front, les Ukrainiens exploitent chaque faiblesse de l’armée russe.
75 jours après l’invasion russe de l’Ukraine et trois semaines depuis le lancement de la deuxième phase de l’« opération spéciale », les deux belligérants sont engagés dans ce qu’on peut qualifier, faute de mieux, « une guerre lente ». C’est une guerre ni statique ni de basse intensité, où on ne voit pas non plus se déployer de grandes manœuvres ni d’enveloppement ni de percée. Regardons les choses de plus près en allant à partir de Kiev (Nord) dans le sens des aiguilles d’une montre.
Kharkiv : les Russes repoussés vers la frontière
Le premier front actif est celui de Kharkiv, deuxième ville du pays. Dans ce secteur, les forces ukrainiennes ont mené une série de contre-offensives vers le nord et le nord-est et, selon les informations OSINT (open source intelligence) qui ont fait leur preuve ces derniers mois, ont poussé les forces russes vers la frontière, dans la direction Belgorod (la ville russe la plus proche, et un centre logistique russe important). Les objectifs de cet effort sont d’éloigner l’artillerie russe du centre-ville et faire peser une menace potentielle sur les lignes de communication des forces russes à Donetsk (de Belgorod vers le sud-est). Mais ce front semble être secondaire pour les Russes dont les efforts se concentrent autour du saillant ukrainien pointant vers Donetsk et plus exactement la ville de Severodonetsk. Dans ce
