Le nouveau film de Christophe Honoré agit comme un gaydar, ce radar qui permet aux homosexuels de se reconnaître entre eux.
Il était prévu que Christophe Honoré monte en 2020 une adaptation du Côté de Guermantes de Marcel Proust avec la troupe de la Comédie-Française, mais patatras, pour cause de Covid, on remet le spectacle sine die, et le metteur en scène multicartes obtient en compensation de tourner une dizaine de jours avec ses comédiens dans le Théâtre Marigny.
Le résultat, sobrement intitulé « Guermantes », n’a que peu à voir avec Proust et semble plutôt le résultat d’une écriture théâtrale de plateau appliqué au cinéma. L’espace de jeu conduit chacun au dévoilement de sa personnalité dans une ambiance danoise à la Dogme de Lars von Trier, « faisons tout ce qu’il nous plaît »… On écrit personnalités pour être poli, car il s’agit bien plutôt de sexualités et de sexualités masculines, très précisément. En gros, Guermantes est l’occasion pour Honoré de jouer à la poupée avec ses comédiens.
Laisser-aller très calculé
Dans une ambiance de laisser-aller très calculé, tout ce petit monde répète, refuse de répéter, fait des crises de nerfs, se vampe, se papouille,
