Dans un bar-tabac de la France périphérique, on croise des ouvriers venus casser la croûte, des retraités méritants. Mais aussi des jeunes qui passent leurs journées entre jeux de grattage et paris hippiques, aux frais du contribuable. Reportage à Épernon, en Eure-et-Loir.
On sait ce que politiques et syndicalistes pensent de la réforme de la réforme des retraites. Mais les habitants de la France périphérique ? Dans l’Eure-et-Loir, la ville d’Épernon et ses 5 500 âmes ne sont qu’à quarante minutes en train de Montparnasse, mais on s’y sent loin de Paris. La ville est coupée par le chemin de fer et pratiquement tous les commerces se trouvent du côté nord. Remontant la départementale 4, on tombe sur le premier café. Devanture verte, c’est un PMU, banco ! Le Royal est ouvert tous les jours, de 6 h 30 à 20 h 30. Ce bar-tabac, café et presque magasin de presse accueille les parieurs de quinté, les gratteurs d’Astro et les bons copains du coin. Derrière le comptoir, le lundi à 8 h 45, Ida. Employée ici depuis ses 19 ans, cela fait trente-trois ans qu’elle sert petits noirs, galopins et perroquets. C’est une star, pratiquement l’unique présence féminine du bar et, surtout, la concierge indiscutable de la région, de Nogent-le-Roi à Gallardon. Accoudé au zinc, entre la tireuse à bière et la machine qui donne les résultats des tickets Amigo, on n’attend pas plus d’une minute pour un noisette. Il est tôt, quelques-uns sont déjà à la bière
