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Le gouvernement de la dernière chance?

Son style plait aux citoyens, mais le nouveau Premier ministre ne pourra rien faire à part essayer de faire voter le budget et régler les affaires courantes


Le gouvernement de la dernière chance?
Le Premier ministre Michel Barnier au journal télévisé de France 2, dimanche 23 septembre 2024 © Jacques Witt/SIPA

Michel Barnier a formé son gouvernement. La gauche protestataire continue de prétendre qu’on lui a volé l’élection. La droite récupère d’intéressants ministères dont l’Intérieur. Le bloc macroniste se révèle de plus en plus fissuré.


La formation du gouvernement Barnier ne s’est pas faite sans difficulté. A l’heure où celui-ci est enfin connu, rares sont ceux qui parient sur sa longévité. Non que Michel Barnier soit un mauvais choix. Au contraire. En des circonstances aussi critiques, sa désignation relève d’une forme de sagesse. Il laisse le psychodrame permanent à LFI et à la gauche, le rôle de la drama queen à Jean-Luc Mélenchon. Lui réinstalle une image plus « vieille France » de l’incarnation politique, et nous lui en sommes tous gré. C’est un homme de devoir qui se tient devant nous et cela nous change. Pour autant, si les Français ont applaudi ce choix, le Premier ministre devenant dès sa nomination « personnalité politique préférée des Français », tous les comportements de la classe politique montrent qu’ils en sont déjà au coup d’après et même au coup d’après le coup d’après…

Postures

En effet, l’épisode de la composition du gouvernement prouve bien que nos politiques n’ont pas conscience de notre situation collective. Les appels à la responsabilité des uns et des autres ne sont que des postures. Personne n’est prêt à sacrifier quoi que ce soit pour l’avenir du pays. Voilà pourquoi aucun poids lourds de la politique n’est venu. Pour donner le coup de talon qui fait remonter à la surface, encore faut-il avoir touché le fond. La conscience de ce qui nous menace et la réalité de notre déclin n’est pas encore suffisamment forte pour déplacer les lignes de force, rendre possible ce qui ne l’était pas, pensable ce qui paraissait inatteignable. C’est peut-être au pied du mur qu’on voit le maçon, mais c’est quand ils sont incrustés dans les briques que les politiques se révèlent. Nous n’y sommes pas encore, ce qui signifie que les ambitions personnelles des uns et des autres sont plus fortes que l’appel à un hypothétique sens


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Ancienne conseillère régionale PS d'Île de France et cofondatrice, avec Fatiha Boudjahlat, du mouvement citoyen Viv(r)e la République, Céline Pina est essayiste et chroniqueuse. Dernier essai: "Ces biens essentiels" (Bouquins, 2021)

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