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Attention: art dégénéré !

Interdire le rêve et l’admiration est désormais une mission des musées nationaux qui réécrivent notre histoire.


Attention: art dégénéré !
Un Asiatique, buste en porcelaine de la manufacture de Meissen, vers 1921. Modèle de Johann Joachim Kändler, 1732. / Porzellansammlung, Staatliche Kunstsammlugen Dresden

La rééducation mentale imposée par le wokisme se porte bien. Au musée du Luxembourg, à Paris, une exposition consacrée aux trésors des musées de Dresde détourne jusqu’à l’écœurement des chefs-d’œuvre baroques pour culpabiliser les Européens d’être ce qu’ils sont.


Les nazis brûlaient des livres, mais conservaient pieusement les tableaux interdits pour les exposer au public (pour les vendre chèrement aussi, et pour certains hauts dignitaires du régime, les collectionner). Ces expositions d’œuvres d’« art dégénéré » avaient pour objectif de former le regard du peuple, renouveler son jugement sur la création artistique afin qu’il soit en phase avec la révolution idéologique en cours. Dûment encadrés par un appareil critique omniprésent dans les salles, les visiteurs apprenaient pourquoi les toiles qui leur étaient présentées étaient irregardables. Ce détournement de l’art à des fins propagandistes renaît de ses cendres à la faveur du wokisme. Une méthode abjecte aujourd’hui cautionnée par d’honorables institutions.

Ceci n’est pas de l’art

Le musée du Luxembourg, riche d’une longue et brillante histoire, se contentait, jusqu’en septembre dernier, d’offrir au public des expositions parmi les meilleures de la capitale. Le sérieux et la qualité de sa direction, qui collabore avec la Réunion des musées nationaux, lui ont toujours permis de se faire prêter des œuvres issues de prestigieuses collections étrangères. Il apparaissait donc naturel que cette institution accueille quelques chefs-d’œuvre des musées de Dresde. Patatras. « Miroir du monde », l’exposition en cours, ne vise pas à célébrer l’appétit de connaissance et la profonde curiosité qui ont forgé les siècles de notre histoire. Elle s’évertue à démontrer comment les Européens, assoiffés d’or et de sang, ont conquis la planète au nom d’un prétendu « sentiment de supériorité ». Alors que sont montrés des globes et des instruments scientifiques exceptionnels, des pièces d’orfèvreries remarquables qui témoignent du soin avec lequel l’Europe, du xvie au xviiie siècle, a mis en valeur des objets rapportés du lointain, armes, coquillages, bézoards,


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Journaliste. Dernière publication "Vivre en ville" (Les éditions du Cerf, 2023)

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