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Adriatique, sortir de la masse

De Rimini à Dubrovnik, les professionnels du voyage cherchent un autre modèle


Adriatique, sortir de la masse
Plage de Dubrovnik (Croatie), juillet 2013 © Sébastien Boisse / Photononstop / AFP

De Rimini à Dubrovnik, les rives italienne et balkanique de la mer Adriatique ont trop souffert du tourisme intensif. Les professionnels du voyage cherchent un autre modèle, plus lent, écologique et rentable. Enquête.


« Non mais vraiment, qu’est-ce qui t’a pris d’aller mourir à Rimini ?! […] À côté de Rimini, même Palavas a l’air sexy ! Car à côté de Rimini, La Grande Motte ressemble à Venise… » chantent les Wampas. Pourquoi la station balnéaire phare de la Riviera romagnole traîne-t-elle une réputation de bétaillère à touristes ? À l’est de l’Italie, Rimini a suivi la trajectoire typique des lieux de villégiature : création du premier établissement balnéaire en 1843, réservé à l’aristocratie européenne, émergence du tourisme petit-bourgeois durant la période fasciste, essor du tourisme de masse après-guerre. Malgré l’étendue de ses plages sablonneuses, la douceur de son climat et la beauté de ses fonds marins, l’étoile de Rimini a sacrément pâli depuis les années 1980. La faute à la bétonisation galopante, ses plages noires de monde, une offre hôtelière vieillissante, sans compter la pollution qu’engendre le tourisme all inclusive. Résultat des courses : Rimini est bel et bien devenu un Palavas-les-Flots transalpin largement boudé par les étrangers.

Deux cent cinquante kilomètres plus au nord, une belle engloutie polarise les critiques adressées au tourisme de masse : Venise, que les gigantesques bateaux de croisière et les embouteillages humains ont transformée en Luna Park. Comme les Barcelonais et les Florentins, un nombre croissant de Vénitiens ne se résolvent pas à perdre leur âme pour gagner leur vie.

Confusément, avant même la suspension des vols internationaux et la fermeture des frontières, les professionnels du voyage percevaient l’obsolescence du modèle productiviste, versions Rimini ou Venise, et s’employaient à imaginer le tourisme de demain. De la côte dalmate (Croatie) à la région italienne des Marches en passant par Trieste et la Slovénie, un périple adriatique nous donnera un aperçu des mutations en cours.

Croatie : la Tunisie de l’Europe

Inutile de traverser la Méditerranée pour découvrir une contrée perfusée au tourisme. Avec 4 millions d’habitants et cinq fois plus de touristes accueillis l’an dernier, la Croatie est la Tunisie de l’Europe. 20 % de son PIB dépend de ce secteur particulièrement sensible aux fluctuations mondiales. Le fiasco de la saison – entre 60 % et 80 % de touristes en moins


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Juin 2020 – Causeur #80

Article extrait du Magazine Causeur




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est journaliste.

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