Improductifs, profiteurs, paresseux, bien payés, bénéficiant d’une retraite dorée et d’arrêts maladie indus : par temps de crise, les fonctionnaires ont mauvaise presse. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy s’érige contre les caricatures qui font porter le chapeau de la dette et de l’inertie française aux seuls agents publics.
Les boucs émissaires sont de retour. Tout le monde a le sien et chacun en a même plusieurs. Il y en a toujours eu. Ils prolifèrent particulièrement dans les pays en crise, où le besoin de trouver des responsables à ses malheurs se répand au fur et à mesure que la vie devient plus difficile pour un nombre croissant de citoyens. Cette recherche de coupables transforme les sociétés malades en creuset de rancœurs et de jalousies. C’est comme cela, c’est la nature humaine. On a beau être pétri de rationalité, on agit comme si, en se débarrassant du coupable désigné, on allait guérir de ses souffrances.
La haine du fonctionnaire est partout
Le problème c’est qu’en général le bouc émissaire est innocent. Heureusement, on ne le tue pas, sauf quand la violence collective dérape. Mais enfin l’animosité est bien là. Parmi les boucs émissaires qui pullulent de nos jours, il y a le fonctionnaire. Ah, comme nous serions heureux si nous pouvions nous en débarrasser ! C’est un vampire suçant le sang des travailleurs qui gagnent difficilement de quoi vivre à la sueur de leur front.
