En aspergeant de peinture noire les Majas de Goya, les excités de la cause climatique ont vandalisé plus que des tableaux – qui nous appartiennent à tous. Ils se sont attaqués à l’un des plus grands génies de l’humanité, et à notre aptitude à admirer.
La scène a eu lieu dimanche 6 novembre dernier, au musée du Prado, à Madrid, et s’est déroulée selon la maigre liturgie à laquelle s’adonnent, depuis quelques mois, certains collectifs écologiques autoproclamés « de désobéissance civile ». Cette fois, c’est aux cadres de La Maja vêtue (Maja vestida) et de La Maja nue (Maja desnuda), du grand peintre espagnol Francisco de Goya (1746-1828), que se sont englués deux activistes de Futuro Vegetal, après avoir tracé en noir « +1,5°C » sur le pan de mur qui sépare les célèbres toiles. Cérémonie expéditive, prophéties climatiques inaudibles, couvertes par des « ¡Fuera ! ¡Fuera ! » (« Dehors ! Dehors ! ») de visiteurs excédés et nullement prêts à troquer leur billet d’entrée au Prado contre une énième performance sur « les graves conséquences du dérèglement climatique » et « l’urgence à subventionner un système agroalimentaire basé sur les plantes ». Les deux jeunes militants, qu’on aurait dit échappés des « Peintures noires » de Goya et leurs troublantes créatures fantasmagoriques, ont oublié un détail : le peintre des Majas était sourd.
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