Comme c’est extraordinaire ! Alors que le président de la République devient le recordman incontesté de la course de lenteur, on s’émerveille parce qu’une femme est Premier ministre, qu’une autre va présider l’Assemblée nationale et qu’une troisième est à la tête du groupe parlementaire Renaissance ! Comme s’il y avait là le gage d’une compétence sinon absolue du moins suffisante pour rassurer…
Pour être honnête, on a beaucoup parlé d’Elisabeth Borne en ressassant jusqu’à plus soif qu’elle serait une technocrate et non pas une politique. Cet argument factice n’a pour intérêt que d’attirer l’attention sur les hommes qui s’estimeraient naturellement doués pour cette haute fonction, à commencer par François Bayrou !
Pour les deux autres que j’ai évoquées, il ne me semble pas qu’on ait abordé ce point de détail tenant à leur compétence pour le poste que l’une occupe et que le vote de l’Assemblée nationale a offert à l’autre. Quelle importance puisqu’elles sont des femmes et que tout est dit ! Il n’y a qu’Elisabeth Lévy – avec sa manière inimitable de remettre le réel brutal dans le ronron du politiquement et du socialement correct – pour pourfendre la facilité de cette obligatoire excellence par le sexe.
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Pourtant, je ne suis pas loin de penser qu’il y a une sorte de parité dans cette tendance à ne plus se préoccuper de l’essentiel quand on accède par un moyen ou par un autre à des
