Le niveau moyen des enseignants-chercheurs en lettres et sciences humaines est en chute libre. Du manque de culture générale à la perte de toute rigueur démonstrative, le déclin de l’université afflige certains étudiants.
Alors que l’effondrement du niveau scolaire des élèves est désormais bien documenté et que les insuffisances (en particulier ortho- graphiques) des instituteurs et des profes- seurs du secondaire, reçus de fraîche date aux concours de l’Éducation nationale ou recrutés à la va-vite au Pôle Emploi, sont de plus en plus difficiles à cacher, un autre phénomène tout aussi inquiétant, si ce n’est plus, nous semble passer encore largement sous les radars : l’affais- sement du niveau des universitaires dans le domaine des lettres et des sciences humaines [tooltips content= »Ce phénomène a néanmoins déjà été souligné par Renaud Camus comme appartenant à un mouvement plus vaste de déculturation des élites ; voir par exemple Décivilisation, Fayard, Paris, 2011. »][1][/tooltips]. Il ne s’agit pas ici d’en faire une analyse sociologique pointue et systé- matique, dont nous serions incapable, mais de livrer le fruit de plusieurs années d’observation et de fréquen- tation d’un milieu universitaire particulier, gravitant autour de la montagne Sainte-Geneviève, complétées par la lecture d’un certain nombre de publications. Il ne s’agit pas non plus d’étendre ce constat empirique à la totalité des universitaires de ce milieu. D’une part, tous les champs de l’enseignement supérieur et de la recherche ne paraissent pas uniformément touchés, et si la sociologie semble particulièrement atteinte, les sciences de l’Antiquité sont à peu près épargnées, tandis que pour l’histoire ou les lettres modernes, le tableau est plus contrasté. D’autre part, même en ce qui concerne les champs de la recherche les plus menacés, le constat doit être nuancé, puisqu’on y trouve aussi des travaux, des professeurs et des chercheurs de grande qualité.
Le signe le plus voyant, mais peut-être aussi le moins remarqué, de cet affaissement du niveau des universitaires est l’avachissement de leur tenue. Sur le plan vestimentaire, l’heure n’est plus à regretter la disparition de la cravate, mais plutôt à rappeler que
