
La recomposition du paysage politique français est en voie d’achèvement : le clivage droite-gauche se voit remplacé par le clivage mondialistes de tous poils contre nationaux de toutes obédiences, des nostalgiques de Jeanne d’Arc à ceux de Robespierre. Le premier à s’être assis sur le clivage droite-gauche est naturellement Macron : d’emblée, il a entendu rassembler les « progressistes » de gauche, de droite et du centre, tous ceux qui sont prêts à adapter le « cher et vieux pays » du général de Gaulle à la modernité libérale.
Mais on n’a pas assez relevé la métamorphose de Jean-Luc Mélenchon. Derrière son nouveau masque humaniste, le chantre de la « France insoumise » s’est livré à une délocalisation hardie : la sienne ! Fini le temps où il prétendait « fédérer la gauche ». Fini le temps où il chantait L’Internationale ! Cela l’avait conduit à une impasse, à un score faiblard en 2012, loin derrière Marine Le Pen. Désormais, il entend « rassembler le peuple ». Désormais, il n’entonne plus que La Marseillaise. Osons la formule : Mélenchon a rejoint le front national. Pas le parti fondé par Jean-Marie Le Pen, bien sûr, mais la cohorte des antimondialistes.
La reconversion des antifafs en antilibs
En 2012, Mélenchon s’était conduit comme le premier adversaire de Marine Le Pen, allant jusqu’à la défier aux élections législatives, dans le Pas-de-Calais.
